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Macropodus opercularis

mardi 19 août 2008, par Thierry GERNEZ - Si vous aimez cet article cliquez sur


Macropodus opercularis, Linnaeus, 1758

Thierry Gernez


Répartition
géographique 

Vietnam,
Sud-est de la Chine, Taiwan, Corée. Egalement présent au Japon,
Magadascar, Philippines…


Première
description 


LINNE, 1758 – Systema Naturae ; 10éme édition, p.283.


Aperçu
systématique

Classe  : Actinopterygii

Ordre :
Perciformes

Famille  : Osphronemidae

Sous
Famille : Macropodinae

Genre :
Macropodus

Espèce : Macropodus opercularis


Synonymes

Poisson
Paradis, Macropode.

Etymologie

Vient du Grec « Makros » qui signifie grand, et de « Podos »
qui signifie pied. Le nom est en rapport avec la longueur
significative des nageoires pelviennes. opercularis : en
rapport avec la tache bleue colorant les opercules.

Description

M.opercularis reste à ce jour un des plus beaux et des plus
appréciés des poissons d’ornement. Il peut atteindre une taille
de 10 à 12 cm selon le sexe et les conditions de maintenance. A
l’âge adulte le mâle présente des nageoires impaires beaucoup
plus longues et effilées que la femelle, ses couleurs sont par
ailleurs beaucoup plus intenses. Les longues nageoires pelviennes
sont de couleur orange vif avec une base bleue. Caractérisé par une
tache bleue sur l’opercule, il arbore un magnifique patron de
bandes verticales rouge/orange et bleues. Selon l’humeur, en phase
d’intimidation, ou en période de frai, la gorge peut prendre une
coloration bleue très foncée voir noire. Chez M. opercularis

la caudale à la forme d’une lyre, généralement orange tachetée
de bleu. Les nageoires anale et dorsale présentent une dominante
bleue avec des rayons rouge/orange. Le liseré bleu très largement
visible sur le contour des nageoires impaires devient presque blanc
en période de frai ou d’intimidation.


Comme tous les membres de sa famille, M. opercularis est doté d’un labyrinthe, organe annexe de respiration qui permet l’absorption de
l’oxygène de l’air (il « pipe » l’air en surface).
Cet organe qui prolonge les branchies est situé au dessus des
opercules (chambre supra-branchiale). L’espérance de vie de cette
espèce est de 3 à 5 ans (voir 8ans dans quelques cas particuliers).




Alimentation

Omnivore à dominance carnivore, et limite gargantuesque, il se jette sur à
peut près tout ce qui se mange. Paillettes et granulés sont
facilement acceptés. Il manifeste tout de même un meilleur appétit
avec la nourriture congelée ainsi que la nourriture vivante (vers de
vase, tubifex, larves de moustiques, daphnies, artémias). Un
complément végétal, très bien accepté aide au transit
intestinal. Etant plutôt goinfre, il faudra veiller à ne pas le
sur-alimenter. Une distribution quotidienne est suffisante.


Température 


L’aquarium est préconisé sans chauffage. En bassin extérieur M.
opercularis
peut supporter des basses températures jusqu’à
15°C voir plus basse (10-12°C), et des pics allant jusqu’à 32°C.
Le frai peut être déclenché par les hausses de température, au
dessus de 26°C.



Dimorphisme sexuel 

Difficile à établir chez les juvéniles. Le mâle adulte se distingue pas des
couleurs plus vives, et sa capacité à « noircir »
durant les phases d’intimidation (principalement au niveau de la
gorge). Ses nageoires impaires sont beaucoup plus longues et effilées
que chez la femelle. Madame est plus pâle et ses nageoires sont
moins développées.



Maintenance et Soins

Tout est relatif ! Peu exigeant envers les paramètres de l’eau, il
s’accommode parfaitement à différentes duretés d’eau, d°KH :
3 – 15°, d°GH : 6 – 30°, et un pH entre 6 et 8. Pour
profiter pleinement de sa beauté il est préférable de le maintenir
par couple ou en groupe, et de lui choisir un aquarium planté,
offrant quelques cachettes, quelques racines et des plantes
flottantes. Un volume minimum de 100L pour un couple est conseillé,
car il reste une espèce active qui a besoin d’un bon espace de
nage libre. Du point de vue comportemental, c’est une toute autre
affaire et il convient de s’être documenté avant de tenter la
maintenance. Le macropode, membre de la même famille que le
combattant (Betta splendens), reste une espèce dont
l’agressivité intra spécifique et le caractère territorial n’est
plus à démontrer. La difficulté intervient lors du choix des
macropodes en animalerie. Bien souvent les femelles sont rares et
difficiles à identifier clairement. En choisir deux, sans avoir la
garantie qu’il s’agisse bien d’un couple, pourrait conduire à
plusieurs difficultés de maintenance. La présence de certains
congénères, du genre Betta splendens ou même Colisa
lalia
est déconseillée. D’un autre coté, l’introduction de
toute espèce agressive dégénèrerait en combats, et de l’autre,
toute espèce un peu trop colorée se verrait chassée et traquée.
Pour diminuer l’agressivité, il est préférable de maintenir
cette espèce en groupe de 10 à 12 individus. Durant la belle
saison, il est tout à fait possible de placer M. opercularis
en bassin de jardin. Sa bonne robustesse lui permettra de supporter
les variations de températures. A l’automne, il retournera en
aquarium, plus haut en couleur, en bonne santé, et très
probablement accompagnée d’une belle flopée de juvéniles !


Reproduction 


En aquarium il suffira de monter la température au dessus de 26°C (idéalement 28°C) pour motiver le frai. En bassin il suffira de laisser faire la nature avec ses hausses de température estivales !
Le mâle construit un large nid de bulles sous les plantes de
surface, mais peut aussi choisir un coin du bac qui en est dépourvu.
Dès lors où le mâle s’affaire à la construction du nid, il
veillera à ce qu’aucun autre individu ne s’en approche. Une fois
la femelle gravide acceptée sous le nid, le traditionnel enlacement
a lieu. La femelle enlacée et retournée les pelviennes pointant
vers la surface, émet à chaque étreinte une cinquantaine d’œufs
immédiatement fécondés par le mâle. Les œufs flottent et
remontent vers la surface. L’étreinte aura lieu encore bon nombre
de fois et peut conduire à la ponte de 200 à 500 œufs. Les œufs
blanc laiteux laisseront éclore les jeunes au bout de 2 à 3 jours.
Dès qu’ils auront atteint le stade de la nage libre, après
résorption du sac vitellin, les jeunes se nourriront d’infusoires.
L’idéal est de préserver quelques plantes flottantes prélevées
dans un bassin (des jeunes poussent de jacinthe d’eau par exemple)
ou dans un sceau, elles en regorgent. Le mâle s’occupera sans
relâche du nid, en le solidifiant jusqu’à l’éclosion, puis
cessera de surveiller sa progéniture une fois la nage libre acquise.

Alevins âgés de 10 jours nés en bassin ayant atteint le stade de la nage
libre.


Les jeunes âgés d’une dizaine de jours ont franchi le stade de la
nage libre, et requièrent une alimentation de taille plus
conséquente et variée. Un menu à base de nauplius d’artémias,
de jeunes daphnies et autres copépodes feront très bien l’affaire,
leur assurant une bonne croissance. Arrive ensuite le stade très
délicat de la formation du labyrinthe. Celui-ci débute à partir de
la deuxième ou troisième semaine de sa vie aquatique. Les jeunes
vont instinctivement monter en surface pour y prendre quelques bulles
d’air, alimentant ainsi le labyrinthe en plein développement.

Alevin âgé de 30 jours, l’estomac gonflé de petits ostracodes et de

jeunes daphnies.


Ce stade est critique, car si la différence de température entre l’eau
et l’air en surface (liée par exemple à des courants d’air) est
trop importante, il y aura sécrétion de mucus dans la région du
labyrinthe, laquelle engendrera inévitablement la mort de l’alevin.


Dans les bonnes conditions, la formation prend environ 2 semaines, suite à quoi les juvéniles adoptent le comportement typique des adultes,
pipant de l’air en surface et rejetant quelques bulles. Après une
trentaine de jours, les jeunes ressemblent à leurs aînés et se
nourrissent par eux même de proies de plus en plus grosses selon la
disponibilité. Cela comprend les petits tubifex, les jeunes larves
de moustique et quelques daphnies adultes.

Un alevin âgé de 50 jours ressemble désormais aux parents
.


Sources


[1] “Bettas and Gouramis : Understanding Siamese Fighting Fish,
Paradisefish, Kissing Gouramis, and Other Anabantoids” par David
Alderton, 2004, Ed°BowTiePress.

[2] “
Bettas,
Gouramis and other Anabantoids - Labyrinth Fishes of the World”

par Dr.
Jörge Vierke , 1988, Ed° T.F.H Publications.

[3] “Labyrinth
Fish : The Bubble Nest Builders” , par Horst Linke.

[4] “Aqualog
All Labyrinths, Bettas, Gouramis, Snakeheads and Nandids” par Frank
Schafer.

[5] “Atlas
de l’aquariuml Tome 1”, par
Dr.
Rüdiger Riehl, Hans A. Baensch, Ed° Mergus.



Photos  : Thierry Gernez




 

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[Thierry GERNEZ]

 
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